Politiques économiques de l'UE - cours 4 à fin

Un certain nombre de pays vont être laissés de côté :
·          la Suède remplie les critères sur le plan éco mais pas sur le plan juridique, volontairement donc exemption informelle mais de fait.
·         La GB décide de ne pas rentrer, bénéficiant d'une dérogation qui lui permet de rester en dehors de la zone Euro.
·         De même, pour le Danemark qui bénéficie de cette clause d'exemption, alors qu'en principe tout pays appartenant à l'UE a vocation à intégrer la zone monétaire.
Un certain nombre d'autres pays qui vont utiliser la monnaie unique sans appartenir à la zone euro notamment les 4 micro Etats : Andorre, Monaco, St Marin, Vatican.
I.                    La création de la zone euro et sa gestion : la Banque Centrale Européenne, la politique monétaire et la politique de change

A.      Le passage à la monnaie unique fiduciaire
A partir du 1er janvier 99 on va raisonner en euro mais on aura toujours les francs en poche, il ne fallait pas que cette cohabitation dure trop longtemps, elle n'excède pas 3 ans, cela a été différencié en réalité selon les pays.
Début 2002, il était prévu de remplacer les signes monétaires nationaux par les signes monétaires de la zone.
RQ : Problème de l'illusion monétaire s'est posé : les chiffres paraissaient moins gros. Exemple de l'ancienne Lire IT (ex. le yen japonais 1000 000 de Yen = 10 000 euros). Il y a eu en outre un effet inflationniste de l'introduction de l'€.
Un seul acteur en charge de la politique monétaire qui est la BCE (Banque Centrale Européenne). Sa mission tient à la gestion de la po monétaire, elle devient dès lors une instance importante dans la mesure où elle pilote une monnaie qui est sur un pied d'égalité avec celle des USA. Cette BCE a été mise en place avant la création réelle de la monnaie unique, mais c'est vraiment dès l'instauration de la monnaie qu'elle va effectivement fonctionner et prendre tout son sens.
La création de la BCE ne signifie pas la disparition des BC nationales, elles vont ê les relais de la BCE. Elles sont rassemblées au sein du système européen des BC nationales de tous les pays membres de l'union économique européenne.
On a aussi un autre groupe des BC nationales qui appartiennent à la zone euro (donc plus petits), celui-là s'appelle l'euro-système.
Ce sont ces 3 institutions (BCE, système européen des BC et euro-système) qui vont piloter la politique monétaire. Les acteurs les plus concernés sont toutefois l'euro-système et la BCE.
Les organes de décision de la BCE sont au nombre de 3 :
                → le conseil des gouverneurs, qui constitue l'organe central de la BCE, il est composé des gouverneurs des BC nationales de l'euro-système, dc des pays qui ont adopté l'euro. Principal organe, il va arrêter les orientations de la po monétaire, et les moyens d'atteindre les objectifs fixés. Il autorisera aussi l'émission de billets et le volume des pièces qui vont circuler dans la zone euro.
                → le directoire de la BCE, il est composé du président de la BCE, du vice-président et de 4 autres membres qui sont nommés d'ententes avec les différents pays concernés, pris au niveau des différents chefs d'Etat et de gouvernements. Il est l'organe de mise en œuvre, qui va donner les instructions au BC nationales qui sont les exécutants de la BCE.
                → le Conseil Général, composé du vice-président et du président de la BCE et de tous les gouverneurs des BC nationales du système européen de tous les pays de la zone européenne (mm ceux qui ne sont pas dans la zone euro), sert de lien entre les pays de la zone euro et ceux qui ont vocation à y entrer. Il prépare le terrain pour faciliter l'accession aux prétendants pour l'intégration de la zone euro. Il n'a pas vocation à être éternel puisque tous les pays d'Europe ont vocation à intégrer la zone, donc il s'auto-dissoudra.
Le statut de la BCE avec le Traité de Lisbonne, à cette occasion, est devenu une institution de l'Union Européenne, au même titre que le Parlement ou la Cour de Justice. Elle a désormais la personnalité juridique, ce qui ne change rien à ses missions.
Cette BCE est indépendante du pouvoir po, ne se laissant pas influencer par des considérations économiques plus larges.
La mission première de la BCE est d'assurer la stabilité des prix  (comme  la Bundesbank). Pour ce faire, la BCE va s'appuyer sur deux critères l'évaluation de la masse monétaire en circulation, ainsi que les perspectives de hausse de prix (anticipations).
Implicitement la BCE a un objectif d'inflation en tête, elle doit être inérieure à 2%. Pour apprécier cette inflation on se cale sur les indices des prix, des salaires etc.
Les instruments pour assurer cette stabilité des prix : les taux directeurs, c’est à dire les taux auxquels la BCE prête aux différentes banques. Elle peut abaisser ou relever les taux directeurs pour piloter la masse monétaire et l'évolution des prix.
L'indépendance de la BCE et son objectif de stabilité des prix sont liés. Cette indépendance se justifie par le pouvoir de l'institution à créer de la monnaie ; il faut qu'elle puisse se consacrer intégralement à la stabilisation des prix, que cet objectif ne soit pas parasité par d'autres préoccupations.
L'euro-système* :
-          favorise les échanges d'informations, notamment entre les entités de contrôle bancaire,
-          contribue/surveille le contrôle prudentiel des banques pour s'assurer qu'elles ne dérapent pas. Cette supervision relève de tous les Etats membres mais l'euro-système va tout de même coordonner ce contrôle.
-          doit assurer le bon fonctionnement des systèmes de paiement → System Target  avec notamment homogénéisation des systèmes.
La BCE participe à la coopération internationale et surtout à la coopération européenne. Elle participe à de grands forums internationaux tels que les réunions du G8 ou du G20, du conseil de stabilité financière, et est membre du FMI en tant qu'observateur aux réunions du pilotage.
è C'est donc un acteur à part entière sur la scène RI. Avec la crise la BCE va gagner de nouvelles compétences.
Le démarrage a été laborieux, car il a fallu changer les mentalités et les modes de fonctionnement. Aussi, même si tous les pays avaient implicitement accepté un transfert de souveraineté cela a été en terme pratique plus compliqué. Cette délégation n'a pas été la même pour tous les pays. Mettre sa monnaie entre les mains d'une institution unique signifie que les pays renoncent au pilotage de leur monnaie.
Dans le passage à l'union monétaire, des pays comme la FR ont eu un regain de manœuvre sur la politique monétaire qui avait été abandonné (en calquant ce que faisait l'ALL) ; pour l'ALL au contraire elle a perdu en autonomie, dans la mesure où jusqu'alors elle pilotait intégralement sa politique monétaire et menait la danse. Les premières années ont été une période d'assez grande cacophonie.
Limite : La voix de la BCE n'est pas comparable à la voix de la réserve fédérale US.
Les critiques portent sur la rigidité excessive de la BCE sur son objectif de stabilité des prix et son objectif implicite d'inflation inférieure à 2%.
La politique de change est menée par la BCE et l'euro-système, tous les différents gouverneurs qui composent la zone euro, qui se réunissent au sein de l'euro-groupe autour du président de la BCE.  
Le résultat de cette politique de change : depuis la mise en place de la monnaie unique, un jugement plutôt positif. Dans les premières années de fonctionnement de l'euro, un certains nombres de voix se sont élevés pour dire que l'euro n'était pas une réussite en raison du décalage entre les attentes de l'euro et les évolutions réelles.
On anticipait sur l'évolution de l'euro par rapport au dollar, avec la crainte d'une monnaie dite « forte » autrement dit une monnaie qui a tendance à s'apprécier comparée à celle de ses différents partenaires. Or à partir de l'instauration de l'euro, il a eu tendance à se déprécier systématiquement par rapport au dollar, or il n'était inscrit nul part dans les statut de la BCE qu'elle devait maintenir une valeur par rapport au dollar.
è Juger la qualité de la politique monétaire en regardant son évolution par rapport à une autre monnaie de référence n'est pas cohérent.
En outre, l'appréciation de l'évolution de l'UE dépend de la position dans laquelle on se trouve (importateur ou exportateur). L'évolution de la valeur de l'euro est donc inadaptée pour juger de la bonne ou mauvaise orientation de celle-ci.
Si on est l'agent éco consommateur : effet inflationniste de l'euro (qui n'apparait pas toujours dans les statistiques), dans les voyages aspects positifs, pas besoin de conversions pas besoin de commission de change cela ne veut pas dire que tous les frais bancaires ont été éliminés.      
Les fonctions de la monnaie au sein d'un territoire : instrument de paiement, unité de compte (permet de donner un prix à chaque chose et de comparer), réserve de valeurs. On retrouve ces mêmes fonctions de la monnaie au niveau international.
è Il s'agit là d'une perspective pour apprécier la réussite ou non de l'euro : s'est-il imposé comme réserve de valeur ou moyen de paiement ?
o   En tant qu'unité de compte par le secteur officiel un regard relativement positif, comme unité de référence pour une politique de change.
o   Fonction comme moyen de paiement : on regarde le règlement des transactions commerciales et financières internationales, on y trouve du bon et du moins bon.
§  En terme de transaction sur marchandise, l'euro a du mal à s'imposer (peu d'échanges sont faits en euro en dehors de la zone euro) mais une tendance à l'augmentation tout de même, la domination du dollar se maintient.
§  Toutefois pour les transactions financières internationales l'euro tire mieux son épingle du jeu, elle est une monnaie dans laquelle les pays s'endettent.
o    La réserve de valeurs, utilisation de l'euro comme actif de placement  - on peut rester sur sa faim. Au niveau officiel, elle devient réserve de change d'un grand nombre de pays. On a une image plus ou moins positive.
Globalement cette monnaie est une monnaie jeune et elle s'est imposée dans certains secteurs au côté du dollar, mais pas dans les domainespas les plus importants (transaction commerciale). La place de l'euro n'est pas la somme des places antérieures des monnaies nationales de la zone, elle pèse plus lourd que les différentes composantes dont elle est issue.
On retrouve pour les pays qui vont intégrer l'union monétaire : un mécanisme de change européen mis en place pour gérer les relations de changes entre les pays candidats et l'euro. L'euro joue pour eux le mm rôle qu'a joué l'ECU.
RQ : Pour la politique monétaire il y a un acteur en charge d'une politique avec un objectif très précis.
En matière de politique budgétaire ce n'est pas la même chose. Le budget de l'UE d'un point de vue d'un économiste n'est pas la même chose que celui d'un gros pays ; en effet l’UE ne dispose pas d'un budget au sens propre du terme. Un budget* = des recettes d'un côté et des dépenses de l'autre.
En Europe on est encore dans une logique très nationale, la supranationalité a du mal à passer. On n'a pas d'impôts européens donc pas de recettes au niveau européen. Malgré tout on a quelque chose qui s'appelle le budget européen, un faux budget, petit, alimenté :
·         en partie les droits de douanes qui sont le fruit du tarif extérieur commun
·         les droits sur les importations de produits agricoles.
·         Fin 70, décision est prise de faire reverser une partie des recettes de TVA pour abonder le budget européen. Tous les pays pratiquant la TVA, contribution PIB en fonction du poids éco du pays il va verser plus ou moins au budget euro.
Au final le montant global du budget est faible. Ce budget ne sert qu'à financer certaines dépenses spécifiques de l'UE - 2 gros postes de dépenses du budget euro:
-           Ces recettes servent à payer la PAC,
-          la politique de cohésion (régionale)  
Elles ne servent pas à financer des dépenses internes. La politique budgétaire en réalité échappe complètement à l'UE, elle est entre les mains des différents Etats membres. Cela tient à la réticence des Etats à passer à une union qui serait fondée sur un fonctionnement supranational.
è Une véritable union qui déboucherait sur un budget centralisé → une union politique, étape que les Etats ne sont pas prêts à franchir.
Du fait de cette réticence, il y a une réalité qui contraint à maintenir des budgets au niveau national, cette réalité, en dépit des efforts, montre une assez forte hétérogénéité entre les différents pays européens.
Du point de vue strictement économique lorsque l'on a une monnaie unique et donc qu'on se prive d'un instrument d'ajustement dans les différentes éco de la zone  et donc on ne peut jouer entre les décalages de monnaies entre les différentes régions. Par conséquent si les différences de situation persistent entre les régions il faut permettre une certaine flexibilité (possibilités d'aides dans certaines régions et pas dans d'autres par exemple) d'où la nécessité de préserver une marge de manœuvre budgétaireà Cela fait appel à la théorie des zones monétaires optimales (ZMO) de Mendel.
Mendel a identifié les conditions qui devaient être remplies pour que différentes zones éco aient intérêt à :
-          soit fixer la valeur de leurs différentes monnaies les unes par rapport aux autres
-          adopter une monnaie unique.
Il a identifié les conditions qui font qu'un petit groupe de pays aura intérêt à utiliser une seule monnaie ou pas.
·         La frontière de zone monétaire ne doit pas coïncider avec une frontière politique, il faut selon lui regarder le fonctionnement interne de la zone plus que la frontière administrative.
Il identifie des éléments d’homogénéité :
o    la zone est tellement homogène que tous les points de la zone sont toujours frappés de la même manière – pas de chocs asymétriques – ds ce cas-là on n'a pas besoin de l'instrument du taux de change
o   Hétérogénéité : chocs asymétriques pour lesquels on utilise des instruments alternatifs d'ajustement, donc on peut se passer du taux de change.
§  La mobilité de la main d'oeuvre et du K peuvent servir d'instruments d'ajustement (la redistribution budgétaire peut aussi ê un instrument d'ajustement envisageable).
àDans le cas de l'union monétaire, on n'est pas vraiment devant une zone monétaire optimale. Si on reprend les arguments de Mendel, on n'est pas face à une zone homogène, probabilité de chocs asymétriques importants. Absence de mobilité forte dans les pays et entre pays, aggravée par les problèmes linguistiques.
·         Budgets nationaux dans le cadre d'une monnaie unique → tension très forte sur la monnaie – PBM.
Une certaine liberté de manœuvre doit être permise mais pas trop. L'idée a donc été de laisser une liberté de manœuvre de la conduite po budgétaire au niveau national mais d'encadrer celle-ci. Il faut de la souplesse compte tenu des différences de situations mais pas trop car la zone monétaire serait mise sous pression.



Deux  instruments :
o   un instrument de coordination de politiques budgétaires qui a pour objectif d'harmoniser les dites politiques budgétaires (donner un certain droit de regard à l'UE sur ce que chacun des Etats membres fait)
è  les grandes orientations des politiques économiques* (GOPE) cela signifie que les pays membres sont sensés considérer leur politique économique comme une question d'intérêt commun, et donc nécessité de coordonner au niveau communautaire.
Ces grandes orientations contiennent :
§   des indications sur la conduite générale de la politique éco,
§  des recommandations spécifiques à chaque Etat membre en fonction de sa situation.
Ces grandes orientations portent sur :
§  les finances publiques
§  les réformes structurelles,
§  fiscalité,
§  réglementation du marché du travail,
§  politique en matière d'éducation et de formations.
En principe les décisions concrètes au niveau national doivent ê contrôlées par les GOPE, mais cela reste des recommandations/orientations, rien de contraignant. L'idée étant d'effectuer une certaine pression de la part des paires (pas de sanctions).
è Dans la lignée de ces grandes orientations éco, tout un tas de procédures spécifiques qui s'appellent les processus*.
§  Le Processus de Luxembourg qui portait sur la coordination des politiques en matière d'emploi,
§  Le Processus de Cardiff (suivi des réformes structurelles),
§  Le Processus de Cologne (dialogue macro éco entre commission BCE), stratégie de Lisbonne (faire de l'UE la zone la plus compétitive au monde, éviter une trop grande fragmentation du marché et renforcer la productivité). Tt cela reste de l'incitatif, ce ne sont là encore pas des procédures contraignantes. GOPE adoptée pour 3 ans et revues chaque année.

o   Dispositif contraignantle Pacte de Stabilité et de Croissance avec son contrôle des déficits excessifs.
§  Faire en sorte que les choses fonctionnent au mieux pour ne pas exercer de pression sur la valeur de la monnaie et la politique budgétaire.
§  Encadrer la liberté de manœuvre en matière de po budgétaire – procédure des déficits excessifs.
Le pacte est juridiquement contraignant et a été adopté avant mm que l'union monétaire ne soit en place.
Il clarifie la mise en œuvre du processus du contrôle des déficits excessifs. L'idée est en réalité de reprendre la logique de la politique de convergence qui a été suivi pendant la marche de l'union monétaire, on impose une certaine rigueur dans la conduite des finances publiques. En effet il ne faut pas que les pays accumulent des déficits importants (dangereux pour la stabilité de l'union monétaire), on impose aux pays de maintenir leur déficit sous contrôle ce qui veut dire un déficit publique inférieur à 3% du PIB, une dette publique inférieure à 60% du PIB.
è L'idée est d'avoir une discipline budgétaire pour protéger l'euro.
Dans ce dispositif, un pays qui s'écarterait des clous sera sanctionné → automaticité des     sanctions d'inspiration Allemande. Tous les pays ne sont pas d'accords, donc :
§  D’abord une procédure engagée avec une première injonction envers le pays pour qu'il se remette dans les clous.
§  S’il se maintient en dehors, une deuxième injonction,
§  Si pas de rectification de sa part, l'amende/sanction se concrétise.
Un certain temps est donné au pays pour corriger ses égarements. Procédure qui sanctionne le pays quand il dérape, mais il n'incite pas un pays dans une période faste à mettre des réserves de côtés. Un biais qu'il serait bon de prendre en considération.
B.      Une monnaie unique pilotée de manière centralisée.
On a donc un acteur principal la BCE, des politiques menées de manières coordonnées et centralisées.
Certaines caractéristiques importantes qui sont derrières les difficultés rencontrées au cours de la crise, et qui concernent les Etats membres :
Ø  clause de non renflouement* : en cas de difficultés d'une banque, les organes de l'Union éco et monétaire ne sont pas censés intervenir et tirer d'affaire la banque en question.
Ø  Pas de monétisation du déficit. Il ne faut pas qu'il y ait de monétisation (création monétaire pour le comblement des déficits) en cas de déficit budgétaire la politiques monétaire n'a pas vocation à faciliter les choses pour le trésor. Dans le cadre de l'union éco et monétaire on n'a pas d'influence du Trésor (autorité monétaire) sur la BC.
Ø  interdépendance très forte entre les banques commerciales et les E : elle est double en réalité.
o   Les banques commerciales sont liées aux Etats dans la mesure où elles achètent des obligations d'Etats.
o   Dans l'autre sens l'Etat est très étroitement liée dans la mesure où il n'a pas intérêt à ce que les banques soient en difficultés.
Un lien donc assez étroit entre le secteur bancaire entre les Etats et le souverain.
Sur le plan de l'Union quelque chose de totalement différent :
Ø   Pas de budget commun ni centralisé au niveau des Etats.
Ø  Discipline budgétaire imposée par le Pacte Budgétaire.
Pour limiter les difficultés on a imposé le Pacte de Stabilité et de Croissance, qui a :
o    un volet préventif (on essaie avant de les cadrer dans les matières de po budgétaire  - liées aux grandes orientations po et éco),
o   un volet sanction (procédure de déficit excessif),
L'idée étant en cas de dépassement des limites imposées dans le cadre du Pacte, une intervention de la commission pour essayer de contraindre le pays à rentrer dans les normes. Si au bout de la période donnée le pays n'a pas réussi à y parvenir, une amende lui est faite.
Conclusion : en l'absence d'une politique budgétaire centralisée, on a quand mm les moyens d'encadrer cette politique budgétaire, cela constituait un moyen de concilier la souplesse vàv des différentes économies, et la discipline nécessaire.
Un économiste US avait prédit que l'Union monétaire s'écraserait la figure. Derrière ce raisonnement toute la logique derrière la théorie de zone monétaire optimale, trop d'hétérogénéité dans la zone qui nécessitait un mécanisme de redistribution.
 RQ : La politique budgétaire : leçons de la crise de la dette européenne.
II.                  La crise
Jusque dans le courant des années 2000 cela marche assez bien. Mais la crise des subprimes va faire tout déraper même si on n'envisageait pas cela possible.
Initialement il n'était pas prévu dans l'union monétaire de mécanisme de solidarité monétaire entre les différents pays parce qu’on pensait que le système s'auto-régulerait de lui-même, on ne pensait pas que des écarts considérables pouvaient avoir lieux, encore moins des problèmes de solvabilité. Assez rapidement on va observer un certains nombres de turbulences dans plusieurs pays européens, cela se concrétise en 2010.
Crise* :
Ø  Emballement du crédit dû une politique monétaire laxiste (grande circulation de monnaie aux USA), politique d'argent facile qui conduit à un emballement du crédit. Des crédits qui touchent des investissements immobiliers, et donc des difficultés qui se sont orientés vers une bulle immobilière.
Ø  Croisé à un autre facteur sans lequel nous n'aurions pas eu une crise d'une telle ampleur → facteur de titrisation* (transformation en titre), soit le fait pour un créancier de reporter une partie de la crise qui lui ait dû sur le dos de quelqu’un d'autre.
Ce mélange de deux facteurs a été fatal, car les banques en question ont répandu les dettes au-delà des USA et à travers le monde. Tout un tas de créanciers s'étant attachés à racheter ces dettes.
Jusqu'en 2009 l'expérience de l'euro semble une réussite et l'UE résiste bien à la crise financière globale. A compter de 2010, certaines économies européennes sont frappées par la crise (les pays du « club Med » autrement dit Grèce Portugal ESP Italie, mais aussi l'Irlande). La dette publique de ces Etats est très importante (endettement), on est alors confronté à une crise de la dette souveraine, qui constitue en réalité le véritable fond du problème. Ce sont des pays qui ont l'habitude de faire/ne pas contrôler leurs déficits et de les combler en créant de la monnaie. 
Ces pays faisant parti de l'union monétaire, cela signifie qu’il y a des pressions sur la monnaie du fait des dérapages observés dans ces pays. Cela se répercute sur l'ensemble de la zone, de ce fait les autres pays de la zone euro ne peuvent donc pas rester sans réagir.
En outre, le niveau d'endettement avait atteint un tel niveau qu'on sentait qu'une intervention était nécessaire sans quoi l'ensemble du système européen aurait été remis en cause. Il n'était donc pas possible de rester insensible aux difficultés de ces pays du « club Med ». Les coûts de financement en deviennent tellement élevés que c'est l'intégrité du système financier européen qui risque d'être remis en cause.
 Il s'agit en réalité d'une série de crises plutôt qu'une seule crise. Les ressorts derrières ces crises ne sont pas les mêmes pour tous les pays. Cas particulier de la Grèce et le cas des autres économies, même si il y a des petites variations qui restent néanmoins sur une même logique.
C’est une crise qui s'est manifestée à travers les taux d'intérêts d'E.
A.      Etudes de cas

1.       Cas de la Grèce 
C’est en Grèce que les écarts sont les plus forts s'agissant des taux d'intérêt. Ils représentent un risque parce qu’ils constituent le prix à partir duquel l'Etat peut s'endetter ; plus le taux d'intérêts est fort plus le risque est élevé.
Elle a toujours relevé de taux d'intérêts forts, elle a réussi à se stabiliser suite à son insertion dans l'Euro avec un écart qui s'est resserré au fil du temps pour finir par se stabiliser à la moyenne avec une réduction quasi totale des taux d'intérêts, le risque étant dès lors perçu comme étant le même partout. On commence par avoir des petits écarts d'intérêts, mais dès l'éclatement de la crise, on assiste à une explosion du taux d'intérêts grec. On réalise que le risque grec n'est pas le même que celui  des allemands d'où l'explosion, c'est là la manifestation de la crise. 
è Une des grandes raisons de la crise : on a longtemps pensé que le risque était le même pour tous.
Des déficits se sont accumulés et le pacte de stabilité n'a pas été en mesure de les identifier voire de les stabiliser. L'application de ce pacte a été mise en défaut.
Ce pacte n'a pas été respecté, mais son manque d’efficacité tient aussi au fait que les données fournies étaient mensongères. Dans le cas de la Grèce, les soldes budgétaires annoncés par les autorités grecques et les soldes réels ne concordaient pas. Les soldes budgétaires annoncés par les autorités grecques étaient mensongers et ce depuis l'entrée dans l’UE ; les grecs n’ont jamais été inquiété par les autorités européennes. Les données n'étant pas bonnes les autorités chargées de la stabilité et du pacte de stabilité n'ont pas pu fonctionner normalement.
è Dans le cas grec le pacte de stabilité n'est donc pas en défaut mais bien les données statistiques falsifiées.
En plus de ceci, le problème tenait aussi au fait que la Grèce bénéficiait des mêmes taux d'intérêts que des pays comme l'Allemagne (sérieux, et crédible). En cela elle avait la possibilité de s'endetter de manière importante pour au final faire de grosses bêtises. Elle bénéficiait de la crédibilité de l'Allemagne sans en avoir le sérieux. Le risque souverain était là mal évalué.
Le cas de la Grèce est donc spécifique sans pour autant remettre en cause totalement le Pacte de Stabilité, dans la mesure où les données n'ont pas permis à ce dernier d'oeuvrer pertinemment.
2.       Autres cas
On a observé une explosion des « spread »* autrement dit des écarts et des augmentations du taux d'intérêt.
On réalise que le risque était mal perçu (tous les pays ne sont pas comme l’Allemagne). Dans le cas d l’Irlande et de l’Espagne, le problème n’est ni le mensonge, ni budgétaire puisque ces deux pays ont un excédent budgétaire à partir de 2005. Tout d'un coup passage d'une situation d'excédent à situation de déficit, en raison de la crise.
Pour l'Espagne et l’Irlande, les facteurs de ces déficits tenaient à la bulle immobilière qui a explosé. C’est-à-dire l’emballement du crédit qui a alimenté de l'immobilier, alimentant elle-même une bulle immobilière. Aussi, brusquement cette bulle immobilière va exploser dans le sillage de la crise US.
Les banques se trouvent en difficulté car les débiteurs n'honorent pas leur dette. Dès l'instant que les banques constituent un agent important dans l'économie, les difficultés bancaires créent un risque systémique, parce que l'ensemble du système est entrainé dans la chute ; l'Etat doit donc intervenir sans quoi l'ensemble de l'économie pète. L'Etat intervient pour sauver les banques, met des fonds dans le système et creuse donc l'excédent en raison de la recapitalisation des banques. Ceci a in fine créée des problèmes budgétaires → situation de finances publiques délicates.
Ces pays-là n'ont pas non plus su tirer parti des conditions avantageuses de financement qui leur étaient faites et n'ont pas amélioré leur compétitivité, en ne resserrant pas leur politique économique. Ils ont essayé de tirer profit des faibles taux d'intérêts mais avec de mauvais plans (pt commun avec la Grèce).
Dans le cas de ces pays, on est dans une situation où l'on peut mettre en cause le pacte de stabilité et de croissance (PSC), qui ne se focalise que sur les variables budgétaires, or on voit ici que le problème était tout autre (les problèmes budgétaires ne sont survenus que sur la fin de la crise).
Des pertes de compétitivités, en ESP, n'ont pas été perçues par PSC qui ne regardait pas là où il fallait.
Autant on ne pouvait l'incriminer dans le cas de la Grèce, autant dans le cas des autres pays à l'instar de l'ESP, ce dernier se focalisait sur des données qui n'étaient pas les plus pertinentes dans la mesure où il n'a pas su voir l'accroissement de la bulle immobilière qui portait de plus en plus d'emplois au détriment du secteur manufacturier.
B.      Leçon de la crise
Ainsi, la crise de l'euro est le résultat de défaillances collectives massives de toute une série d'acteurs. Toutes les économies de la zone sont responsables et non pas seulement les pays du club Med.
Le PSC a montré ses limites : il a mal été mis en œuvre dans le cas de la Grèce, et il ne s'est focalisé que sur certains facteurs en en omettant d'autres (des considérations uniquement budgétaires au détriment d'autres).
Ce qui ramène à la nécessité d'une politique de convergence, en vue d'une homogénéisation au sein de la zone pour que la monnaie puisse être réellement stable. Une convergence qui devrait être multiforme, réelle, et pas uniquement pour certains critères tels que définis par le traité de Maastricht.
On peut incriminer la conception mm de l'Union monétaire qui est mal conçue dans son application ou du moins bancale oubliant un certains nombres de problèmes, certains importants comme celui de la compétitivité.
On peut mettre en cause aussi les autres éléments de coordination qui n'ont pas été efficaces voire pertinents. La crise a mis en évidence le lien qui s'est révélé fatal entre le secteur bancaire et les Etats, c'est ce qui a constitué le vrai problème et le cœur du dysfonctionnement.
L'Union Economique et Monétaire était mal conçue, l'accent était exclusivement mis sur les questions budgétaires alors que d'autres problèmes étaient également importants (compétitivité). Les mécanismes de coordination des politiques éco se sont révélés inopérants (GOPE). La clause de non renflouement s'est révélée inopérante car non crédible.
III.                La progression du fonctionnement de l’Union Européenne

A.      Réponses de politique économique             
Plusieurs niveaux de réponses qui ont été apportés de courts termes et immédiates tout d'abord.
En réponse à la crise l'UE a mis en place 2 mécanismes de coopération financière :
·        Facilité Européenne de Stabilité Financière* (FESF) ou fond européen de stabilité financière ; il s'agit de mettre en commun des ressources de manière à être en mesure d'aider les pays qui n'ont pas à eux tout seul suffisamment de ressources.
Un dispositif provisoire pour répondre de manière assez rapide aux problèmes financiers, il a vocation à disparaître une fois que les pays auront restitué ce qu'ils doivent.
·        Mécanisme européen de stabilité financière* (MESF) ; un mécanisme ici plus durable.
Décision : créer un Mécanisme Européen de Stabilité* qui a pour ambition de remplacer les deux précédents. Il est un fond permanent disposant de fonds permanents à hauteur de 500 milliards d'euros.
A moyen terme mieux vaudrait mettre en place un dispositif qui évite aux pays d'arriver à des situations d'urgences de la sorte et qui évite aux pays de l'UE de se prêter les uns aux autres. Il faudrait agir en amont pour éviter de retomber dans des situations de crise, mais cela aurait des implications trop profondes pour qu'on puisse en voir concrètement l'émergence.
Une des solutions : serait de tendre vers une union budgétaire, pour favoriser un bon fonctionnement de l'Union Economique et budgétaire (UEM).
Il faudrait supprimer la possibilité pour chaque Etat d'émettre de la dette ; géré pas une instance communautaire, créant ainsi des euro-obligations qui bénéficieraient d'un mécanisme de garantie mutuelle. Ce type d'obligation impliquerait que les Etats ne puissent plus émettre de la dette comme ils le veulent, dans ces cas-là chaque pays ne pourrait plus en faire à sa tête (une des causes de la crise).
Cette mise en commun du budget ou des émissions d'obligations, serait un petit pas vers une intégration politique plus poussée, avec la mise en commun de plus en plus d'éléments de souveraineté, donc plus d'intégration politique, une solution néanmoins difficile à envisager aujourd'hui (annoncée telle qu'elle).
1ière étape : Dans ces conditions-là, est mis en avant la création d'une Union Bancaire, dans la mesure où on a vu le lien étroit entre le secteur bancaire et l'Etat, et les crises qui sont liées. Pour y pallier il a donc été pensé une union bancaire, dans laquelle on transférerait au niveau européen, des instruments :
-         de surveillance ou de supervision du secteur bancaire,
-         pour la résolution des crises bancaires, et
-         de garantie des dépôts.
Ces 3 composantes sont nécessaires pour une union bancaire. Ce passage par l'union bancaire est important, car on voit bien que le risque qui pèse sur l'ensemble du système bancaire peut être extrêmement important. Certains pays ont un système bancaire qui pèse très lourd,  dans ces pays lorsque le système bancaire est mis à mal c'est l'ensemble du système qui est menacé, de même pour l'union euro. A partir de ces pays, peut se déclencher une crise systémique très lourde pour l'ensemble de la zone.
Si on a mise en commun des différentes activités = un abandon de souveraineté. Cela étant a été décidé récemment un Mécanisme de Supervision Unique (MSU) chargé de contrôler les activités des banques et empêcher que des établissement financiers se retrouvent dans des situations précaires qui se répercuteraient in fine sur l'ensemble des pays. Un transfert d'autorité est prévu vers ce mécanisme dans le courant 2014.
è Ainsi tout ce qui relèvera de la supervision bancaire devrait être dans les mains du MSU.
L'idée à travers ce mécanisme est de rompre le lien entre les banques et les finances publiques. On cherche à rompre le cercle vicieux qui a été identifié comme facteur clé dans la propagation de la crise. Cela signifie un transfert de contrôle au niveau supranational, donc un changement très profond dans le fonctionnement du système bancaire, surtout dans le fonctionnement des esprits et dans les mentalités. On serait avec ce système proche d'un changement politique, bien que ceci ne soit pas présenté ainsi pour les raisons que l'on sait.
2e étape : Le deuxième pilier de la gestion bancaire → gestion en commun des difficultés des banques à travers Mécanisme de Résolution Unique* (MRU), on est au cœur de la relation entre crise bancaire et crise souveraine.
On est face à une mutualisation des opérations de secours des banques devant permettre d'empêcher que les difficultés d'une banque n'entrainent les difficultés d'un Etat. Ce mécanisme de résolution unique tel qu’il est conçu aujourd'hui laisse assez à désirer. Plusieurs choses lui sont reprochées :
-          la mise en place de ce MRU est étagée entre 2015-25 soit un temps très long qui laisse planer des questions sur son efficacité           
-          la résolution des crises bancaires doit se faire à cout budgétaire nul, elle ne doit pas couter. Pour que cela ne coûte pas à l'Etat, l'idée est de faire payer les créanciers et les banques. Une réalisation qui va s'avérer très compliquée, puisqu’elle suppose de taxer les banques, donc un peu plus de  fiscalisation commune – atteinte à la souveraineté.
Avec la mise en place d’un tel mécanisme on tend quoiqu'on en dise à une union budgétaire ou fiscale, et c'est sans doute là la réelle difficulté. Jusqu'à présent les gouvernements ont été assez généreux avec les créanciers (peut être trop), aussi cela va-t-il être compliqué de changer les mentalités de ces derniers.
Autres difficultés, si on se retrouve dans une situation de crise aiguë l'intervention publique se justifiera pour endiguer l'épidémie, ce qui court-circuitera le mécanisme de résolution qui a voulu être mis en place.
3e étape : autre pilier de cette union bancaire → un Fond Commun de Garantie des Dépôts.
Les réponses données sont principalement liées à la crise dans sa dimension financière. Elles ont ainsi donné un nouvel élan à l'UEM (union économique et monétaire) sur la voie de l'union bancaire qui paraissait inenvisageable auparavant.


Des modifications ont également été apportées dans le domaine budgétaire dans lequel on s'est rendu compte qu'il y avait quelques problèmes.
·        Coordination budgétaire : introduction du semestre européen ;
o   il permet des contraintes plus lourdes sur les déficits budgétaires,
o   un nouvel outil de surveillance et de coordination budgétaire et économique.

On va mettre l'accent sur la coordination des politiques économiques nationales. Concrètement, publication d'une enquête annuelle de croissance par la Commission Européenne, elle examine comment les pays se sont comportés.
Ensuite le Conseil Européen (organe intergouvernemental) valide les Grandes orientations de politiques économiques (GOPE) qui sont censées orienter et être prises en comptes par les Etats membres dans l'établissement de leurs budgets nationaux. En avril les différents Etats membres vont transmettre leurs programmes de stabilité et de convergence.
Sur cette base, la commission publiera, fin mai, des recommandations individuelles par Etats.
Ses recommandations seront finalement adoptées par le Conseil de l'Union au mois de juillet.
è Ainsi, on a une politique budgétaire beaucoup plus encadrée qu'elle ne l'était auparavant avec une action en amont et en aval.
·        Renforcement du Pacte de Croissance et de Stabilité (PCS) qui a désormais pris la forme d'un 2 packs et 6 packs.
o   Le 2 packs : 1ère dimension est la surveillance du transfert des recommandations communautaires au niveau national, assure que les engagements sont respectés au niveau européen ; c’est l'organisation d'assistance financière en cas des difficultés financières d'un Etat.
o   Le 6 packs : à la fois sur volet préventif et collectif du PSC, il s'agit de modifier l'application du pacte en prenant mieux en compte le critère de la dette, plutôt que se focaliser uniquement sur le déficit budgétaire.
On a renforcé les décisions prises en cas d'infraction des règles. Application graduelle des sanctions en cas d'absence de mesures suivies d'effets.
·         En 2012 un nouveau texte signé qui consacre l'entrée en vigueur du Pacte Budgétaire. Il concerne essentiellement les pays de la zone euro. Il prévoit la règle d'or budgétaire, qui est un principe d'équilibre ou d'excédent budgétaire, l'idée étant que les budgets des administrations publiques ne doivent pas être en déficit. Ce pacte budgétaire est associé au mécanisme européen de stabilité financière.


Espace Yougoslave - cours 3 et 4

Lecture possible : Reneo Lukic, La désintégration de la Yougoslavie et l'émergence de 7 Etats successeurs
La crise yougoslave
1.       Le phénomène Milosevic
Trajectoire du fou (cf. Laurence Hartmann)
Sa nomination en 86-87 va conduire à un climat dégradé du conflit yougoslave, accélération de l'histoire violente.
Né en août 1941, en Yougoslavie, dans un contexte de violence, père théologien orthodoxe monténégrin, mère de gauche engagement communiste pendant la guerre, les deux se sont suicidés ds les 60s. Milosevic a un caractère monténégrin-serbe. Il effectue un cursus d'étudiant de droit, rencontre avec Stambolic dont le père est le chef du PC Serbe (un des leaders de la Yougoslavie Titiste), il devient très vite le numéro 2 du PC en Serbie début 80s. Fils Stambolic deviendra lui n°1, Milosevic le fera assassiner suite à une désaccord/crise idéologique.
Stambolic était titiste càd partisan d’une auto-gestion, du non-alignement, du fédéralisme. Mais en 1986, 6 ans après la mort de Tito, aux vues de l'évolution économique et du panorama mondial, se pose la question du devenir, et du « quoi faire ». Stambolic fils n'entendait pas changer le système, alors que se présentait une occasion de tout changer ce qu’a fait Milosevic en prenant le pouvoir.
2.       Remise en cause du Titisme
En Serbie, une partie des élites a voulu critiquer le titisme ds ses bases fondamentales, c'est ce qu'on appelle le Manifeste de l'Académie Serbe des Sciences et des Arts publié le 24 octobre 1986,  appelé aussi Manifeste de la SANU.
RQ : ce genre d'académie existe dans la plupart des pays slaves.Parmi ces élites on retrouve des écrivains telque Koca Papovic (président de la Serbie entre 93-97).
Ce groupe là veut une re-serbisation du système yougoslave ou au moins de la Serbie. Selon eux, Tito et le Titisme, entre 66-86, aurait été défavorable au peuple serbe. Cet anti-serbisme du système serait la cause de la crise.
·         le peuple serbe aurait été dispersé entre plusieurs entités politiques – ils n'ont pas totalement tort d'un point de vue administratif – il y a des serbes dans la Serbie proprement dite mais pas seuleument.
·         Ils considèrent que beaucoup trop d'autonomie a été accordée aux républiques autonomes de Serbie (Kosovo), de ce fait ils considèrent qu’ils ne sont plus chez eux. Entre mars 1965 et 1986 : état de siège au Kosovo par la police ayant des pouvoirs spéciaux.
Si on se place du point de vue Serbe, depuis 68 large autonomie accordée – le cas du Kosovo est le plus critiqué, car la majorité locale n'est pas serbe, mais plutôt albanaise. Les serbes du Kosovo sous entendus alors qu'ils sont dans la partie la plus mythique, sont gouvernés par une majorité d'albanophone et d'albanais du Kosovo. Ces derniers allant même jusqu'à considérer que ces serbes sont victimes de persécutions, viols, il faut donc reprendre les choses en main.
On compte en outre une majorité de serbes en Bosnie-Herzégovine.
Le cas des serbes de Croatie (12,5% de la population) est plus problématique. Selon les élites de la SANU ils sont persécutés et menacés et ce en raison de l'autonomie croissante et importante de cette république, notamment depuis les réformes de 68 et de 74. La république de Croatie est encore plus autonome que le Kosovo. Cette grande autonomie est selon la SANU un gage de menaces pour les serbes qui seraient dès lors sous la houlette de peuples anti-serbes.
Plus encore, d'après eux, les musulmans, les croates et les albanais du Kosovo, seraient autorisés par la Constitution Fédérale à massacrer les serbes à conclusion du SANU : le titisme par son évolution progressive fut anti-serbiste.
Cette publication en pleine période de crise du communisme Titiste et économique, provoquent des conséquences inattendues. Milosevic va changer d'avis et s’en servir bien qu'initialement il n'y était pas favorable.
 Le 27 avril 1987, Milosevic fait un voyage au Kosovo. Contexte local : les communistes serbes ont organisé une mise en scène dans laquelle ils s'en prennent à Milosevic, l'accusant de ne pas protéger les communistes des musulmans. Milosevic déclare : « Moi, Milosevic, je vous promets que vous ne subirez plus les menaces que vous subissez. Ce peuple Serbe ne doit plus jamais être battu ».
Il y avait une perception de menaces réelles. Dès lors, sa trajectoire politique en a été modifiée, considérant qu'il fallait mettre fin à l'autonomie du Kosovo, et empêcher les Serbes d'être en proie aux leaders locaux. En se plaçant dans cette voix, cela change la structure totale de la Yougoslavie, car cela revient à demander au pouvoir fédéral d'avoir un système plus centralisé, de réévaluer le rôle du peuple serbe. Cela va dans le sens inverse du titisme historique, un changement total de la programmation yougoslave. Le programme en soi n'est pas forcément source de violence, car une reconfiguration politique peut être négociée pacifiquement. Mais l’idée de Milosevic va à l'encontre du titisme, et risquerait de mettre en cause les équilibres en place ; d’autant plus que les républiques tiennent à leur autonomie, et ne veulent pas d’un pouvoir centralisé. En outre, dans ce contexte de crise économique la réflexion n’allait pas dans un sens favorable aux républiques mais plutôt dans le sens inverse c’est-à-dire moins de centralisation, moins de communisme, plus de libéralisation. Certaines républiques et d'abord la Slovénie (la plus au Nord), ne peuvent se rallier à Milosevic, ce qui laissait présager un divorce total voire violent, ce qui s'est avéré.
Milosevic a donc cherché à modifier la constitution serbe, ce qui n'était pas sans conséquence sur les autres constitutions dans la mesure où celles-ci étaient toutes liées entre elles. Pour ce faire, il a cherché à perturber les autres républiques pour récupérer d'avantage de pouvoir et de marges de manœuvres (cf. // Mao Zhetong). Les années 87/88/89, seront des années de meetings provoqués par Milosevic qui vont bouleverser la Yougoslavie qui ne s'en remettra pas.
Fin septembre 87, Milosevic prend le pouvoir dans la ligue communiste serbe. Volonté de redonner au peuple serbe le contrôle de la Serbie en premier lieu (donc fin de l'essentiel des autonomies du Kosovo et de la Voïvodine), puis mouvement du même type au Monténégro, cela suppose que la Yougoslavie doit être réorganisée au profit d'un Etat fédéral renforcé, une fois advenu le regain politique des serbes.
                Le 28 juin 1989 Milosevic organisera une manifestation monstre sur les lieux de la Bataille du Kosovo, autrement dit Kosovo Polje, ceci pour célébrer le 600e anniversaire de la bataille du 28 juin 1389, où s'est vu la défaite serbe. Les défaites du passé doivent être célébrées pour montrer l'aspect vaillant du peuple qui a su en renaitre. Milosevic : “Dans le passé le peuple serbe a mené de grands combats, dans l'avenir il en mènera de nouveaux ». Ce genre de déclaration a laissé entendre aux autres peuples un signal annonçantt l'arrivée de nouvelles guerres.
                28/29 mars 1989 : Milosevic supprime l'autonomie des républiques de Serbie dont le Kosovo. La fin de l'autonomie du Kosovo constitue la vraie entrée dans la crise, la population albanaise n'acceptant pas ceci, se retrouve à tous les niveaux, et les instituteurs, les policiers  les fonctionnaires hostiles à ces changements sont licenciés.
Se développe alors une résistance passive, avec une société souterraine qui s'instaure, et menée par Ibrahim Rugova, élu clandestinement en juillet 1990 président d'une république du Kosovo virtuelle et auto-proclamée (effectif après 2000).
Ce mouvement ne deviendra violent qu'à partir de 1996, environ 2 millions d'individus rentrent donc en dissidence avec le pouvoir. Cela ne devient pas violent tout de suite, bien que surgissent de temps à autres des émeutes où meurent des gens par dizaines. On revient à une sorte d'état de siège où la police est au carrefour et surveille tout le monde, avec une population hostile au régime.
Cette remise en place brutale, met une tension dans les autres parties de la Yougoslavie, et la Slovénie entame son divorce avec la Yougoslavie s'indignant de son évolution. Parallèlement, chute du système communiste en juin-novembre 89 (Milosevic ne avait pas prévu), avec une crise généralsiée de la région, et non pas localisée.
En novembre-décembre 89, au lendemain de la chute du mur, il y a un renversement du pouvoir yougoslave en Croatie, ce qui est signe de crise, car le PC croate telqu’il avait été remis au pas était l’effet d’un titisme autoritaire ; le curseur repart donc dans le sens des communistes de 71 càd libéral.
En décembre 89, le Parlement Slovène proclame la supériorité des lois slovènes sur les lois yougoslaves, un procédé qui va à l'encontre du principe fédéral.
Janvier 90, Congrès final où les PC yougoslaves se réunissent pour décider des orientations à prendre étant donné la tournure des événements, tout est donc à refaire, dans un contexte où tous les PC de la région tombent, et où un déclin progressif de l'URSS. Lors de ce congrès on assiste à une rupture entre les différents PC yougoslaves notmament en ce qui concerne les envies de Milosevic pour un renforcement du pouvoir central  et du système en faveur de la Serbie.
En Europe le communisme Yougoslave est le dernier à tirer le rideau ; le système post-titiste se trouve au mileu d'un sorte de « no man's land » communiste.
è Libanisation  de la Yougoslavie : Explosion de la Yougoslavie
Dans le contexte de la chute du communisme alors que la Yougoslavie est fragile, on est face à une volonté de remettre tout le système à plat mais il existe une perspective de violence à travers les discours de Milosevic.
C’est la volonté de remettre le Kosovo au pas qui a déclenché tout le reste, les autres républiques sont chacune parties dans leur coin, chacune voulant organiser des élections libres, en ordre dispersé république par république, en avril 90 en Slovénie, en avril/mai 90 en Croatie, en novembre 90 en Bosnie, fin décembre 90 en Serbie.
               
3.       La marche à la Guerre
En Croatie : parti nouveau, en mai 90, parti nationaliste de centre droit, Franjo Tuctman, élu président par un système parlementaire puis suffrage universel pour un autre mandat. Né en 1922, expérience politique différente de Milosevic, il s'est battu en 41 contre les Allemands et les Ustachis. Il est devenu historien par la suite, prisonnier du régime, puis président croate, jusqu'en 99 date à laquelle il meurt (77 ans).
Son idée maitresse est de reconfigurer la vie politique en faveur de la Croatie, en essayant de lui faire obtenir une partie de la Bosnie, au moins en terme d’influence.
En Bosnie (carrefour de la crise) les élections législatives de novembre 90 donnent l'avantage à une coalition qui représente 3 peuples (3 partis) : le SDA (musulmans nationalistes) avec Alija Izetbegovic, SDS de Radevan Karadzic (parti serbe démocrate), HDZ (parti croate) – différents leaders dont Fikret Aldic.
Milosevic se fait quant à lui réélire. 
La Slovénie est un mouvement d’indépendantisme modéré.
La Macédoine s'est échappée calmement de la Yougoslavie.
On est dans une structure conflictuelle, la Croatie a été le déclencheur en raison de campagnes nationalistes relativement hostiles aux serbes. Certaines communes croates font sécessions avec le gouvernement fédéral. Structure de décomposition et de violence car les serbes locaux ne veulent pas de gouvernements nationalistes bosniaques ou croates, ils veulent faire sécession et ne pas suivre le gouvernement local.
La succession des guerres (1991-2001)
En Slovénie en juin-juillet 91 – une médiation européenne permettra la résolution du conflit, provoquant une sorte de conférence de paix à Brioni, on réussit à proclamer une sorte d'armistice le 8 juillet 91, ce qui aboutit à un accord provisoire.
Pendant 3 mois les indépendances sont gelées, période durant laquelle on négociera ; la Yougoslavie retrouve une stabilité provisoire, dirigée provisoirement par le président Stipe Mesic,  la fonction lui avait été refusé par le gouvernement serbe.
L'indépendance proclamée par certaines républiques, vieille de 3 mois, est maintenue dans la mesure où une entente définitive n'a pu être trouvée. Il y avait très peu de Serbes en Slovénie, il s'agit pour eux d'un ailleurs, d'où le faible acharnement.
Croatie : le moteur de la crise est lié aux évènements dans les autres républiques notamment en Croatie où il y a des serbes qui ont le droit de se regrouper dans une même Serbie, perspective d'un gouvernement autonome menace le gouvernement croate.
D'où la guerre de Croatie juin 91 – juillet 92, premier véritable conflit. Serbes de Croatie n'ont pas envahi l'ensemble de la Croatie. Il y a eu des combats pendant 6 mois, l'armée fédérale Yougoslave a essayé d'aider les serbes locaux. Seuleument une partie de la Croatie, càd 11 communes où les serbes étaient majoritaires (15 000 km/carré). Ces 6 mois de guerres aboutissent à une armistice où le gouvernement croate a réussi à survivre mais contraint de laisser 28% de son territoire aux rebelles soutenus par la Serbie.
Arrivée de force de l'ONU (FORPRONU) fin janvier 92 pour séparer les combattants et faire respecter l'armistice, renouvelable tous les 6 mois. En aout 95 les croates se sont sentis assez forts pour attaquer et récupérer les 28% de leur territoire, exception faite de la Slovanie.
Bosnie Herzégovine avril 92 – décembre 95. La crise la plus grave et sans doute la plus complexe. Forte population serbe qui n'est pas majoritaire, mais elle représente 36% de la populaon en 1991, leur leader politique disait qu'ils étaient menacés, par conséquent ils ne voulaient pas de l'indépendance de la Bosnie en raison de leur position de peuple constitutif, soit des sous ensembles de minorités/peuples importantes constitueant la Bosnie. Ils considèrent, du fait de leur important nombre avoir le droit d'être un membre du pouvoir avec un droit de veto, faute de quoi ils menacent de destruction les musulmans (massacres de Bosnie).
Le 6 avril 92, la Bosnie devient membre de l'ONU, son indépendance est acceptée internationalement. A partir de là une guerre très dure s'en suit, avec des massacres « purification ethnique », càd le massacre des populations minoritaires, qui ne font pas parties de l'ethnie majoritaire dans les zones contrôlées. Ces violences sont surtout pratiquées par les Serbes, avec une supériorité de ces derniers au point de contrôler 78% de la Bosnie indépendante.
Intervention des casques bleus pour séparer les combattants, respect des armistices mais relatif, car les zones de sécurité n'étaient pas toujours respectées et des massacres n'ont pu être empêchés.
Avril-juillet 92, ensemble de massacres dont le plus connu, massacre de Sebrenica, siège de Sarajevo.
La situation s'est retournée pour des raisons indépendantes du contexte bosniaque, au départ personne ne voulait y intervenir, Bill Clinton a pris une résolution en mars 94 poussant les acteurs à modifier leur position. Accord de Vienne, entre la Croatie, la Bosnie, et les milices croates de Bosnie en vue d'une alliance. La structure des forces se retourne, USA forcent les croates à soutenir la Bosnie pour la récupération de son territoire face aux serbes. La guerre s'est militairement arrêtée, les troupes bosniaques et croates ont contre-attaqué et récupéré plus de la moité du territoire bosniaque.
Négociations de Dayton, convocation des chefs d'Etats yougoslaves pour négocier les conditions de la paix, sachant que le plus récalcitrant était menacé de bombardements de la part des US.
Traité de paix du 14 décembre 95 à l'Elysée qui fixe les conditions de la nouvelle paix. Fin officielle de la guerre en Bosnie. 
On constate que les serbes par leur lutte ont obtenu 49% du territoire pour 36% de la population. Symbole fort pour les autres mouvements de contestation, à force de lutte on obtient quand même quelque chose en obligeant une intervention étrangère (US). Cette logique permet de comprendre le conflit Kosovar qui est en réalité une lutte à mort.
Les US ne veulent absolument plus le schéma bosniaque càd des massacres locaux, un enlisement de la guerre sans aucune intervention, cauchemars à éviter.
Dans le cas de ce conflit il faut retenir l'importance des accords de Dayton à travers le traité de l'Elysée. Il faut insister sur l'importance de la guerre de Bosnie-Herzégovine, même si la guerre du Kosovo est la plus Yougoslave. La complexité des accords de Dayton institue un régime très spécial qui est à l'origine des difficultés actuelles de la Bosnie (centre musulman). Une agitation qui tient officiellement à la pauvreté, mais implicitement il y a l'idée que la structure de la Bosnie sous les accords de Dayton est trop compliquée et couteuse, et du coup la rend moins attractive.
On y trouve dans la constitution de la Bosnie, des accords de délimitation des territoires - 2 entités sont créées, sous un système fédéral :
-          la République serbe – 49% du territoire bosniaque ;
-          la Fédération Bosno-croate – 51% du territoire. Regroupe les bosniaques (musulmans) – [mot : « bosnien » utilisé pour nommer les habitants de l'ensemble de la Bosnie].
 La partie de la Bosnie la plus peuplée certainement. Cela n'induit pas qu'il n'y a pas de musulmans de l'autre côté, mais les droits politiques ne sont pas du même ordre, de l'autre côté ils ne peuvent voter ou être élu par exemple.
Au niveau du gouvernement, on retrouve le système prévu pour Chypre à savoir que lorsque le dirigeant n°1 est d'une ethnie, son second doit venir d'une autre, on trouve ça dans le traité même et la constitution. Pendant les 5 premières années après le traité de l'Elysée une Court des Droits de l’Homme est instaurée en Bosnie, elle comprenait une majorité de juges étrangers pour éviter les discriminations. Il s'agissait là d'un défenseur de droits sous forme de cours de justice ; chaque citoyen qui se sentait lésé ou discriminé en raison de son origine ethnique pouvait y faire appel.
On trouve dans la fédération bosno-croate :
·         des cantons croates (la Herzégovine occidentale) - Les Bosniaques veulent supprimer un certains nombres de cantons en raison du mille feuilles administratifs que cela produit, et qui posent en outre des problèmes en terme de dépenses publiques.
Une zone de tension car les Croates ne veulent pas la suppression de leurs cantons. Beaucoup de personnes considèrent qu'il faut revoir les cantons mais au niveau local cela n'est pas évident, ni forcément souhaité. La suppression des cantons provoque la colère des Croates d'Herzégovine, et certains Croates de Bosnie centrale. D'autant qu'il y a une forte émigration des bosniaques vers l'extérieur notamment vers la Croatie.
Les personnes qui veulent la réforme sont surtout extérieures à cette zone, il est toutefois problématique d'en envisager l'application pour les raisons que nous avons soulevé. Les réformes des uns ne correspondent pas aux désirs des autres.
Les structures de Dayton paraissent donc figées pour le moment, ces questions et ces complexités empêchent les désirs d'investissement étrangers voire constituent un frein à une éventuelle intégration à l'UE du fait de cette instabilité latente.
Kosovo mars 98 ou 99 – juin 98 ; ultimatum 24 mars – 3 mois de bombardements pour que Milosevic abandonne le Kosovo. Elle est la 4e guerre Yougoslave. On a à la fois un mouvement en interne et en externe, un mouvement de retro-action par rapport au passé.
Désir des albanais de devenir indépendants, et volonté des Serbes de reprendre la main sur ce territoire.
Les acteurs, à partir de 98, agissent en fonction de ce qu'ils ont appris du conflit bosniaque : en se battant à mort on parvient à arracher des grosses concessions, à l'image des serbes de Bosnie qui ont réussi à arracher une grande partie du territoire et une forte autonomie.
D'où l'idée suivante, puisque la lutte pacifique n'a conduit à aucun résultat tangible, une guérilla sanglante pourrait alors provoquer l'intervention de la communauté internationale. Ceci explique les attentats d'abord en nombre limités, puis en plus grand nombre à partir de mars 98, avec une véritable guerre interne au Kosovo qui par la suite est devenue une intervention/guerre extérieure.
Mars 98 : drame fondateur : la région était soumise à différents états de sièges, militairement envahis par les Serbes depuis 93. En 98 au bout de 9 ans de régime d'apartheid, une série de violences provoquent une répression très dure de la part de la police serbe et notamment le massacre de la famille emblématique des Yashari qui voit 53 de ses membres tués. C’est cet évènement qui met le feu aux poudres, qui explique l'expansion des violences à partir de cette date-là.
Devant toute cette violence, l'armée serbe se retire en premier lieu, laissant la police oeuvrer, mais elle décidera de contre-attaquer par la suite (armée de chars, avions etc.). De manière prévisible elle reconquiert le territoire face aux guérillas ce qui provoquent des déplacements de populations, des destructions, un premier exode interne et externe des Albanais de Kosovo → effets perturbateurs pour les voisins.
Les puissances étrangères s'agitent car les réfugiés arrivent en Macédoine, Albanie, pays voisins, les US qui ont essayé de gérer la guerre de Bosnie, commencent à s'énerver et à réprimander les Serbes. Plusieurs réunions du Conseil de Sécurité (résolutions 1099 et 1101 sur le Kosovo) qui condamnent les auteurs de la répression, la violence des deux parties et menacent d'intervention.
Richard Holbrook, diplomate US, qui avait fait signer les accords de Dayton aux acteurs locaux, rencontre Milosevic, et menace de bombardements si le retour au calme ne se produit pas. Il appelle donc à trouver une résolution politique à la crise, avec éventuellement une certaine autonomie du Kosovo, pour que les albanais ne se sentent plus opprimés et qu'il n'y ait plus de conflit.
Entre septembre 98 et mars 99 contorsions qui va durer quelques mois, hésitation de Milosevic. Dans un premier temps, l'armée serbe se retire en grande partie des régions du centre du Kosovo, des observateurs internationaux (plus de 1000) arrivent au Kosovo, avec en plus 20 000 personnes chargées de leur protection, notamment des Américains. L'armée serbe se replia dans les villes du Kosovo. Non guerre de positions pendant quelques temps. Une série d'incidents viendra y mettre fin dont l'incident de Racak, 15 janvier 1999, fausses communes où l'on trouve une série de corps d'albanais, perçu comme un signe de génocide, comme le signe d'un événement inacceptable, tension de l'opinion dû au souvenir du conflit de Bosnie.
Cet événement provoque la dernière phase de la crise, les européens (FR-GB) convoquent une Conférence de la Paix à Rambouillet fin janvier 1999 qui durera jusqu'à février pour se mettre d'accord, schéma d'accord contraignant pour la Serbie, une autonomie substantielle pour le Kosovo avec par la suite référendum pour obtenir l'indépendance. Signature de l'accord par la Serbie, les autres refusant de signer la Serbie pense que cela leur portera préjudice.
L’OTAN a fixé une date limite répressive sous menace d'intervention. Ainsi pendant presque un mois et demi, il y a eu une vague de bombardements sur l'ensemble de la Serbie pour mettre en place cet accord. Milosevic a fini par céder, signe l’armistice le 3 juin, le 9 juin signature de la résolution 1244 de l'ONU, les accords de Kumanovo qui fixe les conditions de l'abandon du Kosovo par la Serbie. Dans le cadre provisoire qui a duré au moins jusqu'en 2008, cela signifie que l'armée serbe a abandonné le Kosovo pendant une période dont le terme n'est pas fixé, le Kosovo sera administré par l'ONU, administration internationale provisoire donc, dont le premier administrateur sera B. Kouchner (jusqu'au printemps 2001), joint à la KFOR, force militaire qui comprend 50 000 hommes (contingents ALL, GB, FR, US, Russe etc). Quatre secteurs d'organisation militaire du Kosovo dirigés respectivement par les Allemands, les Français, les Britanniques, les Américains et un peu les Italiens. Il s'agit l'un des premiers cas où les Allemands ressortent de chez eux militairement.
Une crise unique, car aucun bombardement de la sorte n'est survenu dans aucune autre crise, ni une telle intervention d'une telle ampleur. Il y a un aspect inédit à cette crise. S'agissant du Kosovo lui-même il y a eu un régime international particulier avec diminution progressive du nombre de militaires et une européanisation (les US sont partis), plus encore proclamation de l'indépendance du Kosovo en 2008.
Nous sommes aujourd’hui dans contexte un peu spécial, puisque l’indépendance du Kosovo n'a pas été reconnue par le Conseil de Sécurité de l'ONU et beaucoup d’autres pays dans le monde. A l'heure actuelle le Kosovo est reconnu par 99 états dans le monde sur 193. Cela veut dire du point de vue juridique, que le Kosovo ne pourra être admis à l'ONU que s’il obtient une majorité des 2/3 des Etats membres de l'AG. Le droit de veto qui s'exerce au sein du CS n'empêcherait pas le Kosovo d'être membre de l'ONU mais d'avoir un régime juridique bien retenu, de sorte qu'en droit international pur, le Kosovo n'est pas encore un membre.
Parmi les 94 Etats membres qui refusent : 5 membres de l'UE (Espagne, Slovaquie, Roumanie, Grèce, et Chypre). La sécession du Kosovo s'est faite par la force occidentale, dans un trou noir du droit international : quels sont les droits de sécession ?
Macédoine en mars – juillet 2001 et le Monténégro en 2006, prennent leurs indépendances sans guerre, parce qu’ils se sentent appartenir à un même monde culturel. Cela ne signifie pas que cela s'est fait dans la joie pour la Serbie, mais il n'y a pas eu de recours à la violence. Depuis 2008, 7 Etats sont issus de l'ex-Yougoslavie.
La gestion internationale de la crise - Les différentes phases
1.       La phase européenne ?
La crise yougoslave aurait pu être gérée par des structures européennes.
Il y s’agit d’une gestion européenne au moins jusqu’en septembre 1991. Dès le 25 septembre 1991 une résolution 753 du Conseil de l'ONU qui interdit de livrer/vendre des armes aux protagonistes. Le simple fait qu'on ait dû le faire prouve que la crise n'a pu être gérée par l'Europe.
La proclamation de l'indépendance de la Slovénie et de la Croatie, est synonyme d’une première rupture ; sur le plan symbolique, lorsqu'une partie d'un Etat fait sécession cela peut attirer définitivement l'attention des autres. Ceci a provoqué des événements violents dans ces deux pays.
L'Europe sous sa forme Communauté Européenne (CE), a voulu résoudre la crise, convoquant une sorte de conférence à Brioni, ex île de Tito, Accords de Brioni du 8 juillet 1991. Les protagonistes disent qu'ils vont geler les indépendances, que les troupes fédérales vont se retirer ; entre temps on convoque une conférence de la paix à La Haye pour discuter sur organisation européenne. Ceci signifie que les instances européennes, espèrent résoudre la question dans les trois mois ou un peu plus.
On verra très vite, suite à la commission Badinter (président du Conseil constitutionnel), se réunir différents présidents d'Etats membres de la CE de l'époque, pour s'interroger sur l'état de la région et sur les solutions à y apporter, notamment en ce qui concerne les conditions juridiques de la sécession lorsqu'on fait partie d'une fédération. Une série d'avis sera donnée, dans la mesure où il ne s'agissait pas d'une cour de justice instituée.
Les accords de Brioni seront acceptés et appliqués, la période de transition de 3 mois sera juridiquement respectée (pas militairement). Le chef d'Etat yougoslave n'est pas respecté par son armée Yougoslave ce qui donne la tonalité de la crise. On va jusqu'à proposer le 19 septembre 1991 d'envoyer des observateurs européens sur le terrain. L'UE va se résoudre à une solution un peu résignée ; après de nombreuses discussions franco-allemandes, la position allemande spontanée est de reconnaître les indépendances. La perception Française est inverse, du fait de leur histoire, une fois qu'un Etat est uni le désunir est une abomination, une chose inconcevable, voire un malheur dans leur conception. On assiste donc à une incompréhension culturelle.
Le 16 décembre 91 le Traité de Maastricht est connu, fondateur de l'Europe ; les Français acceptent la reconnaissance des Etats nouveaux à condition que ceux-ci soient satisfassent les préconisations de la commission Badinter. Elle reconnaît juridiquement que la fédération yougoslave est en voie de décomposition. Du fait de la constitution Yougoslave et de la jurisprudence récente de la Cour Internationale de Justice (Affaire Mali vs Burkina) on peut se séparer à condition de respecter les frontières qui avaient déjà été fixés avant, ce que les juristes appellent utis posidetis juris. Ce qui signifie que l'on n’a pas le droit de recomposer les républiques fédérées entre elles, la Serbie n'a pas le droit d'annexer les autres communes, car les deux ont des statuts de républiques fédérées selon les frontières d'avant. Cela signifie que pour faire sécession il faut se préparer avant, avec un statut à part – le changement suppose d'avoir déjà changé auparavant. En cela le Kosovo n'était pas envisagé dans une perspective d'indépendance.
2.       La phase ONU
A partir de janvier 92 : la CE n'arrivant plus à gérer la guerre, on est passé à une gestion onusienne de la crise ; on a envoyé successivement (plusieurs phases) les forces (casques bleus) de l'ONU sur le terrain ; notamment pour :
-          faire respecter l’armistice jusqu'en aout 95 en Croatie (plus ou moins respecté).
-          Force PRONU en Bosnie, force de l'ONU, résolution de création avec un mandat qui lui explique ce qu'elle doit faire. Celle-ci est créée fin juin 92, durera jusqu'aux accords de Dayton (fin 95) provoquera beaucoup d'événements sanglants.
Le 28 juin 92, Mitterrand se rend à Sarajevo, où il contribue à figer une situation provisoire, en créant une force PRONU pour la Bosnie, comptant jusqu'à 18 000/20 000 hommes, pour le maintien de la paix. Relativement peu armée (pas d'armes lourdes) elle ne pouvait donc pas se battre durablement face aux forces en place.
Mai 95, 300 soldats de la force PRONU sont capturés par l'armée serbe, dont 160 Français, ce qui témoigne de la difficulté d'avoir les moyens pour la mise en œuvre d'une politique.
Il y avait une double clé, le représentant du Secrétaire Général de l'ONU, avec son délégué, qui refusait l'intervention et l'emploi de la force, de sorte que dès qu'il y avait une attaque violente, le Secrétaire Général devait consulter ce délégué qui devait lui-même consulter New York, pour avoir autorisation d'intervenir, pour ensuite en cas d'accord contacter l'OTAN en Italie à un circuit compliqué, long, qui explique l'inefficacité relative de l'ONU (zones sous protection de l'ONU ont été attaquées).
La phase ONU a été relativement paralysante.
3.       La phase Américaine (1994-99)
Face à cela s'est développée une phase US. La crise s'est déroulée suite à l'intervention US. Intervention progressive, et à contre-cœur sans doute. Le président Clinton est élu en 92 ; les USA étaient interloqués devant la crise, mais indécis sur le rôle à y jouer, pas de mouvements clairs (notamment de la part de son prédécesseur Bush père). USA donc irrésolu.
Année 93 année d'expectative : la guerre devient généralisée en Bosnie, et les US laissent faire, avec une guerre de tout le monde contre tout le monde. Dès juillet 93 les Croates échouent et perdent du terrain, encerclés en Bosnie centrale ; en novembre 93, Tucman ordonne aux croates de faire un cessez-le-feu contre les bosniaques, sous pression des US.
Clinton ordonne donc aux Croates de se poser en vue d'une coalition anti-serbe, concrétisée par les accords Washington et de Vienne, qui sont les vrais tournants de la guerre, imposés par les US. Ce sont des accords entre les différentes composantes Croates et la Bosnie Herzégovine qui se mettent d'accord pour ne plus se faire la guerre, et unir leurs forces politiques et militaires contre les bosno-serbes appuyés par la Serbie, donc in fine  la Serbie.
Dans la gestion de la crise on voit un groupe de contact se former, càd des pays qui s'estiment concernés, les 4 vainqueurs de la 2GM dont la Russie, présidé par Juppé – 4 permanents euro-atlantique + ALL + IT. Ils se réunissent afin de proposer des solutions.
Différents plans de partages de la région :
·         Plan Jupé-Kinkel propose le partage à 2 entités 51-49% de la Bosnie.
USA ont ainsi créé de nouvelles alliances sur place, et leur ont fourni des armes et une formation militaire via sociétiés privées constituées d'anciens militaires à la retraite. Ils laissaient en outre, intervenir l'Allemagne et les pays du MO.
S'agissant du MO cela supposait d'arriver sur place grâce à une autorisation de la Croatie pour parachuter les armes en Bosnie. Ce qui explique que progressivement le rapport de forces ait changé.
Par ailleurs, les US menaient des négociations entre Croates et Serbes, on faisait comprendre à la Serbie qu’elle ne devait pas intervenir, même si elle a cherché à tempérer les Serbes de Bosnie qui refusaient l'accord et voulait garder les 78% du territoire. L'OTAN sous sa forme aérienne est donc intervenu en bombardant les installations des serbes pendant deux mois et douze jours, de sorte que leur défaite était imminente.
4.       Ré-européanisation de la crise Yougoslave
A partir de 2004, les forces militaires en Bosnie et même au Kosovo retrouvent une étiquette européenne avec une gestion de Bruxelles, avec cette ambiguïté car Bruxelles est également le siège de l'OTAN, avec un noyau militaire US, si jamais l'équilibre venait à être renversé.
La force militaire était descendue à 400 000 hommes, ce qui a supposé certaines difficultés mais qui n'ont pas été nécessairement mortel.
Le Tribunal Pénal pour l'Ex-Yougoslavie (TPY)
La Crise Yougoslave a été l'occasion pour créer une nouvelle structure pénale internationale, la première depuis Nuremberg ; auparavant il n'existait pas de tribunal pénal international dans le monde, qui avait fixé des principes sur les crimes contre l'humanité et génocides.
Avec la crise Yougoslave (les événements de Bosnie, et les camps de concentrations et les massacres d'albanais (été 92)), s'est développée l'idée que des choses intolérables se passaient et qu'il fallait agir, militairement et politiquement, mais surtout juridiquement.
Les USA et la France ne voulaient pas intervenir de manière puissante en 1992, ils ont proposé d'agir autrement en créant le TPY. En février 93, on a créé la résolution 808 de l'ONU qui a créé le TPY (la résolution 827 créé son statut).
C’est la première Cours Pénale internationale permanente ; au début peu de moyens, mais c’est devenu un grand tribunal par la force des choses, qui existe encore aujourd'hui. La fin de son fonctionnement est fixée en décembre 2014, cas unique pour un tribunal ad hoc, pour une question précise, compétent pour les crimes commis dans les frontières de l'ex-Yougoslavie du 1er juillet 91 jusqu'à la fin 2014. Il compte à l'ONU 100 millions de dollars par an. A l'heure actuelle on compte 161 accusés (comparé à 21 pour Nuremberg), 18 acquittés, 141 jugés, 75 accusés, 20 procédures encore en cours, 5 affaires en appel à l'heure actuelle, qui concernent 16 individus, 5 procès encore en cours qui concernent les principaux acteurs (dt Karadzic, Radovan, Mladic etc.).
Milosevic a perdu le pouvoir en novembre 2000, il a été livré le 28 juin 2001 par le gouvernement qui lui a succédé, premier ministre Zoran Ajundic.

La Crise Yougoslave a amené à créer des bouleversements nombreux à l'image du TPY, il semble qu'on ne verra plus un tribunal pénal international de cette ampleur. C’est un  cas unique de tribunal pénal international qui dure 22 ans avec un certain succès d'ailleurs. Il y a bien le TPIR mais il est moins puissant.
Editions Pedone, Justice Internationale, partie sur Yougoslavie par Krulic.